Voyage

Château du Haut-Koenigsbourg – Série «Visite en Alsace»

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Perché à 757 mètres d’altitude dans les montagnes vosgiennes, le château du Haut-Koenigsbourg impressionne autant qu’il fascine. Il offre une immersion surprenante dans le Moyen-Âge (XIIe siècle) et une vision de ce qu’était les forteresses de montagne au XVe siècle en Alsace.

La route pour s’y rendre est sinueuse. Tôt le matin, la brume entrave le chemin. À travers les nuages, on admire les toits des tours les plus hautes. Combien de personnes ont déjà emprunté ce chemin? Frissons.

La première mention répertoriée du château du Haut-Koenigsbourg (château des Hohenstaufen) date de l’an 1147!

Édifié au 12e siècle, le château du Haut-Koenigsbourg fut pendant des siècles le témoin de conflits et de rivalités entre seigneurs, rois et empereurs. Il a vu se succéder d’illustres propriétaires qui ont marqué son histoire et de nombreux événements qui ont changé jusqu’à sa physionomie… Source

La forteresse

Dès qu’on arrive à la porte d’entrée principale du château du Haut-Koenigsbourg, on comprend le sens du mot «forteresse». L’impression d’être minuscule est saisissante!

du château du Haut-Koenigsbourg

Crédit photo © Katia Bouchard

En entrant sur le site, on débouche sur une petite cour où la porte principale avec une herse de bois massif permet d’entrer dans le château. Au-dessus de la porte, les armoiries des Hohenzollern, rappelant que le château a été restauré par Guillaume II ainsi que des armoiries de Charles-Quint.

Après la cour basse, on arrive à l’escalier en colimaçon qui mène au logis, soit les appartements meublés du seigneur. Au-dessus de la porte, un peut voir le linteau qui représente le blason de la famille Thierstein.

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Crédit photo © Katia Bouchard

Avec l’affaiblissement des Hohenstaufen, le château passe de mains en mains jusqu’au XVe siècle où il devient un repère de chevaliers brigands. Les villes de Colmar, Strasbourg et Bâle s’unissent alors pour mener une expédition punitive ; le château est assiégé, incendié et détruit en 1462.

Les ruines du Haut-Koenigsbourg sont confiées aux Thierstein qui reconstruisent et agrandissent le château jusqu’au début du XVIe siècle où, accablé par les dettes, le dernier des Thierstein est contraint de s’en séparer. Les familles nobles qui s’y succèdent n’entretiendront que très peu la forteresse qui connaîtra un coup de grâce en 1633 pendant la guerre de Trente Ans avec un vaste incendie.

Pendant deux siècles, le château est laissé à l’abandon. Il faudra attendre le XIXe pour que les romantiques témoignent à nouveau de l’intérêt pour le Moyen-Âge et louent la beauté des vestiges du Haut-Koenigsbourg. Face à ce regain d’intérêt, les ruines sont classées Monument Historique en 1862 et acquises par la ville de Sélestat. Source

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Crédit photo © Katia Bouchard

La reconstruction

Le manque de moyens financiers freine tout projet de restauration. Incapable d’assurer les travaux nécessaires, Sélestat offre le château en 1899 à l’empereur allemand Guillaume II qui lance une vaste campagne de restauration confiée à l’architecte Bodo Ebhardt. Source

Mais cette reconstruction est loin de faire l’unanimité !

Cette cession historique à Guillaume II et les intentions de ce dernier – se légitimer comme successeur des Hohenstaufen et des Habsbourg et montrer la germanité de l’Alsace – sont sans doute, en partie, à l’origine des polémiques autour de cette restauration engagée sous la direction de Bodo Ebhardt.

Si aujourd’hui la reconstitution de Bodo Ebhardt est admise comme plausible, la rénovation du château était néanmoins sujet à polémique à l’époque. Les détracteurs de la reconstruction, préférant de loin le charme des ruines au château reconstruit, notèrent que certains éléments furent imaginés par l’architecte, car ils étaient complètement détruits. […]

Cependant, aujourd’hui, on considère que Bodo Ebhardt, au travers de cette restauration « est en tout cas resté dans les limites de la vraisemblance, ayant toujours eu le souci de s’inspirer des nombreux édifices qu’il avait étudiés avant d’élaborer son projet ». Source

La perspective

Pour terminer, voici l’une des plus belles photos que j’ai prise dans ma vie. Elle démontre à la fois l’ampleur du château et la perspective 360 degrés sur les environs. La tour carrée au toit vert, c’est le donjon!

Crédit photo © Katia Bouchard

C’est avec cette visite du château du Haut-Koenigsbourg que se termine la série «Visite en Alsace».

Pour lire les résumés de mes autres visites : Strasbourg, Sélestat, Colmar.